Les technosignatures ou la recherche de traces de vie… avancée

L’éternelle question que se pose l’Homme sur une vie en dehors de notre planète semble intéresser la Nasa en 2018, mais sous un angle quelque peu différent. Il ne s’agit plus de trouver, ici ou ailleurs, des preuves de vie microbienne mais plutôt des preuves d’une vie relativement avancée pouvant créer de la technologie. Quel est l’objectif de la Nasa? Quelles ont été les expériences passées?

 

La Nasa et la technosignature
Entre le souhait du Congrès des États-Unis, exprimé en avril 2018, que l’agence spatiale américaine soutienne la recherche américaine de technosignature et le premier atelier organisé par la Nasa à cette fin, en septembre 2018, il n’aura pas fallu attendre longtemps. En effet, pour les scientifiques, forts de nouvelles connaissances sur les exoplanètes et de divers résultats sur les signatures de vie, le moment semblait en effet propice pour ambitionner la recherche de technosignatures. De quoi s’agit-il exactement? De détecter, moyennant des petits télescopes spatiaux – satellites d’études des exoplanètes en transit (TESS) – des signes ou des signaux qui permettraient de conclure qu’une vie technologique existe ailleurs dans l’univers. Ils pourraient se manifester par des émissions (radio, laser, hertz), des anomalies (déséquilibre chimique ou thermodynamique) ou encore des comportements anormaux (explosion nucléaire ou pollution visuelle). Toutefois, compte tenu des nombreuses interférences radioélectriques dans l’univers, il faudra observer plus d’un « signal inexpliqué » pour attester l’existence d’une vie technologique. Ce projet ambitieux fédère autour de lui non seulement d’anciens ingénieurs de l’aérospatiale (Pete Worden), mais aussi des philanthropes américains (deux anciens de Microsoft) et russe (Yuri Milner).

 

Un univers passé au peigne fin
Les prémices de la recherche de technosignatures datent du début du 20e siècle, avant même la recherche spatiale et l’invention de la radio. Déjà en 1960, les hommes étaient en quête de déceler des civilisations avancées, et les chercheurs se concentraient sur des « signaux de communication » afin de percevoir une « intelligence extraterrestre ». L’année suivante, en 1961, l’astronaute Frank Drake a estimé à 10 000 le nombre de « civilisations intelligentes potentielles », d’après une équation éponyme, qui comporte toutefois de nombreuses variables approximatives. Au cours de la même décennie, le physicien Freeman Dyson invite les hommes de la planète bleue à observer la galaxie afin de repérer d’éventuelles sphères, qui seraient ni plus ni moins qu’un mécanisme mis au point par une autre civilisation qui, en raison d’une démographie exponentielle, aurait développé cette superstructure pour abriter ces habitants, mais aussi pour emmagasiner de l’énergie. Dans le début des années 70, la Nasa a mis sur pied son programme SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence) afin de détecter des motifs dans les radiofréquences à basse bande, lequel a été mis fin en 1973 par le Congrès. La Nasa a repris du service en 2009 avec la mission Kleper (télescope spatial) dans le cadre de la recherche d’exoplanètes. Forte de son succès – découverte de plus de 2600 planètes, de multiples systèmes multiplanétaires et de divers systèmes solaires –, la Nasa a vu sa mission prolongée jusqu’en 2019.

 

L’excitation de trouver des technosignatures est telle que l’homme s’y méprendrait presque sur l’interprétation d’une anomalie. Pour preuve, trois ans de conjectures autour de l’étoile Taby et ses émissions de lumière inhabituelles… qui se sont révélées n’être que d’imposants nuages de poussière qui masquaient la lumière de l’étoile. Ainsi, restons sereins et patients, car comme le révèle le paradoxe de Fermi : « Si des civilisations extraterrestres existaient, leurs représentants devraient être chez nous. Où sont-ils? »

 

 

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