Bombardier vend sa division tuyauterie à Lauak, son sous-traitant

Fin août 2018, après neuf mois de négociation, Bombardier a choisi son sous-traitant de pièces de chaudronnerie – la société française Lauak – pour reprendre son activité de tuyauterie et de canalisations aéronautiques. Un contrat qui permet à l’entreprise canadienne de se recentrer sur son cœur de métier et à la société française d’avoir un pied en Amérique du Nord.

 

Portrait de Lauak
Créée en 1975 à Ayherre dans les Pyrénées Atlantiques, Lauak s’est d’abord illustrée en fabriquant des pièces de chaudronnerie pour devenir, après plus de 40 ans d’activité et six acquisitions depuis 2010, un partenaire de taille pour l’industrie aéronautique. Fournisseur de pièces primaires et de sous-ensembles d’aéronef pour les aérostructures et les aéromoteurs, la société basque compte cinq usines en France et une au Portugal. Forte de ses 1550 salariés et de ses compétences diverses (chaudronnerie, usinage, tuyauterie, soudage, traitement de surface…), Lauak compte parmi ses clients de grands constructeurs aéronautiques (Dassault, Airbus, Embraer, IAI), des sociétés d’aérostructures (Stelia, Latécoere, Daher) et des équipementiers (Safran et Liebherr).

 

Un contrat gagnant-gagnant
Parmi une dizaine de concurrents, c’est la société de Mikael Charritton qui a été choisie pour reprendre l’activité de tuyauterie et de canalisations aéronautiques de Bombardier. Une excellente nouvelle pour Lauak qui souhaitait depuis trois ans s’implanter en Amérique du Nord. À la suite de cette entente, cette dernière s’est engagée à conserver sur le site de Mirabel les 90 salariés de Bombardier, mais aussi à construire une usine en France (à côté de son siège social avec la perspective de 50 emplois créés sur 18 mois) ainsi qu’une au Mexique. Dans quel but? Afin de pouvoir honorer le contrat commercial proposé par Bombardier – un contrat de sept ans qui devrait s’élever à 25 millions de dollars en 2018 et à 40 millions de dollars en 2021 –, qui assure ainsi l’avionneur de continuer à « bénéficier de pièces de grande qualité pour ses programmes ».

 

Un pont d’or vers l’Amérique
Avec ce nouveau contrat d’approvisionnement (25 millions de dollars en 2018), le chiffre d’affaires à l’export de Lauak passe de 10 % à 25 % et devrait donner un véritable coup d’accélérateur à ses activités nord-américaines. En effet, Mikael Charritton ne cache pas ses ambitions d’offrir ses services à Boeing ainsi qu’à ses divers équipementiers, mais aussi de doubler son chiffre d’affaires total d’ici cinq ans, pour atteindre 300 millions d’euros en 2022. L’atteinte de cet objectif ambitieux passe autant par la croissance externe (exemple, Nimitech en 2018 pour développer la conception d’ensembles composites dans l’aéronautique et l’aérospatial) que par la croissance interne : ouverture d’une nouvelle usine au Portugal à la fin de l’année 2019 (la première usine au pays des Œillets a été créée en 2003 près de Lisbonne et emploie actuellement plus de 500 personnes) qui devrait créer près de 250 emplois et se consacrer à la fabrication de pièces élémentaires simples ainsi que de l’assemblage pour Stelia et Dassault. Toutefois, Mikael Charritton ne s’arrête pas là : il envisage de conquérir, d’ici cinq ans, un autre continent : l’Asie.

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