Incidences des défis de l’aérospatiale sur l’emploi

Le secteur aérospatial canadien a connu une décennie florissante avec une création nette d’emplois (20 % depuis 2004), alors que l’ensemble des secteurs manufacturiers perdait 400 00 emplois. Toutefois, il doit rester vigilant face aux nouveaux défis qu’il doit affronter. Quels sont-ils? Quels sont les profils recherchés?

 

Les nouveaux défis de l’aérospatiale
Même si les prévisions d’emploi sont encourageantes (nombreux départs à la retraite, besoins de renouveler la flotte des pays développés, récentes annonces du ministère de la Défense nationale en termes d’investissement dans la sécurité et les forces armées), les défis à relever sont de taille. Premier défi : la montée des pays émergents qui, certes accroît le potentiel de marché, mais accentue aussi la concurrence. C’est ainsi que la Chine et l’Inde (1re et 2e puissances mondiales à terme) conçoivent et développent désormais leur propre matériel et deviennent des concurrents de taille. Le Canada, qui exporte 80 % de sa production, se doit de rester compétitif en baissant ses coûts de production, en délocalisant certaines tâches, en s’intégrant aux chaînes d’approvisionnement mondial – tout en conservant sur son territoire les métiers à forte valeur ajoutée, tels que ceux liés à la conception. Deuxième défi, développer la technologie en misant sur la R&D : 1,9 milliard $ investis en 2015 au Canada, ce qui attire les entreprises du monde entier (49 nouvelles installations d’entreprises du secteur aérospatial au Québec depuis 2001). Troisième défi : intégrer la technologie verte en visant une réduction de la consommation de carburant, une baisse de la production d’émissions, une diminution du bruit et en développant une technologie plus durable.

 

Conditions salariales alléchantes pour des profils pointus
Compte tenu de ce contexte porteur, les employeurs sont à la recherche de profils très variés ayant un diplôme professionnel ou technique tels que des technologues, des mécaniciens, des machinistes, des ajusteurs, des ébénistes ainsi que des tapissiers-garnisseurs. Par ailleurs, concurrence oblige, les entreprises seront aussi à la recherche d’ingénieurs dotés d’un diplôme universitaire et d’une spécialisation, tels que des ingénieurs mécaniciens, des ingénieurs d’industrie et de fabrication, des ingénieurs en aérospatiale, des ingénieurs informaticiens ainsi que des ingénieurs et concepteurs en logiciel. Il est à noter que les petites structures peuvent éprouver des difficultés à recruter des profils très techniques – les salaires étant 50 % plus élevés que dans l’ensemble des autres industries manufacturières en raison d’une forte productivité dans l’aérospatiale – et à conserver leur personnel qualifié, comme le confirme le taux de rotation élevé (après une première expérience, les jeunes diplômés tentent de rejoindre les grandes entreprises qui offrent de nombreux avantages). À titre d’exemple, le salaire médian d’un ingénieur aéronautique au Canada est de 80 000 $ par année, comparativement au salaire médian canadien, tous secteurs confondus, qui est de 33 920 $. Une telle escalade salariale s’explique par l’importante demande pour les années à venir de ce profil; 4000 postes d’ingénieur aérospatial seraient à pourvoir annuellement au Canada pendant les huit prochaines années (en raison notamment de 700 à 800 départs à la retraite annuels).

 

Le secteur de l’aérospatiale a de belles années devant lui, s’il parvient à relever les défis de la concurrence des pays émergents et de la technologie. Quant aux étudiants et aux salariés en poste, leurs perspectives de carrière sont fort intéressantes à condition d’être au fait de la technologie et que la volonté de se former continuellement fasse partie de leur ADN.

 

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