Ambitions et défis au menu de la conquête de Mars

La conquête de la planète Mars est belle et bien lancée à travers le monde. États-Unis, Émirats arabes, Pays-Bas, Russie, Chine… tous redoublent d’énergie et de stratégies pour être le premier à mettre un satellite en orbite autour de la planète Rouge, à envoyer une première mission non habitée et, le Graal, le premier homme sur la planète Rouge. Deux stratégies bien différentes semblent se confronter; quelles sont-elles? Quels sont les problèmes que rencontrera l’homme sur cette planète?

 

Un rêve, deux conceptions
Comment rejoindre la planète Rouge, étant donné qu’il faut propulser près de 500 tonnes de matériel et d’équipements et que le voyage prendra 1,5 an à 2,5 ans dépendamment de la distance parcourue (l’éloignement entre les deux planètes variant de 56 à 400 millions de kilomètres)? La Nasa opte pour un vaisseau à trois modules qui voyageront séparément : un sur Mars, un qui constituerait une base orbitale et un qui ferait office de navette. Quant à l’échéancier, il est très simple : renouer avec des missions lointaines dans un premier temps, puis envoyer un astronaute en orbite en 2030 et enfin un équipage à l’horizon 2040. Pour Michael Griffin, ancien administrateur de la Nasa, les étapes pourraient aller plus vite si la Nasa disposait des 450 milliards de dollars que représente ce projet. En face, Space X, financé en partie par Elon Musk, qui opte pour un vaisseau unique (40 cabines de 2 à 3 places) avec une fusée orbitale capable de revenir au sol et donc réutilisable, réduisant considérablement les coûts de lancement. Musk, fervent partisan d’une mission anticipée, ne craint pas les pertes humaines, à l’instar des grands navigateurs ayant exploré les océans et les pôles. Il va donc plus vite et envisage en 2020 de lancer le Big Falcon Rocke, en 2022 une mission inhabitée et en 2024 des voyageurs. Son objectif est de coloniser Mars et que le terrien s’approprie cette planète, moyennant 500 000 dollars.

 

Quels risques pour l’homme?
Bien que sélectionnés avec le plus grand soin (recherche d’une personnalité forte avec d’excellentes qualités sociales), préparés et entraînés avec la plus grande rigueur, les candidats seront soumis à rude épreuve une fois sur Mars. Tout d’abord, le rayonnement cosmique et l’absence de champ magnétique impacteront leurs ADN et système nerveux, augmenteront les risques de cancer, compliqueront la circulation sanguine et engendreront de sérieux troubles de la vision. Ensuite, l’eau pourrait vite faire défaut si le filtrage de l’urine et de la sueur était impacté par le calcium provenant de la perte osseuse des astronautes (estimée à 1 % par mois). En ce qui concerne la qualité de l’air, le risque est loin d’être négligeable : dépendre des épurateurs de dioxyde de carbone (pas 100 % fiables) ou des réapprovisionnements avec la Terre… Un dernier aspect de taille : la psychologie. La Nasa teste actuellement différentes expériences d’isolement – pouvant aller jusqu’à un an – afin d’analyser le comportement individuel et collectif des astronautes. Résultat, les conflits sont inévitables et les profils recherchés doivent autant supporter l’ennui pendant les traversées de 6 à 8 mois que faire preuve d’une grande activité une fois posés sur Mars. Enfin, le mal du pays – de la planète, devrais-je dire – pourrait guetter les astronautes qui perdront leurs repères (saisons, verdure, mer…).

 

À l’heure actuelle, cette aventure comporte des défis majeurs et d’innombrables inconnues. Alors, si la conquête de Mars pouvait permettre aux entreprises de réaliser des prouesses technologiques et aux gouvernements de fédérer leur population autour d’un projet plus qu’ambitieux, la mission serait en partie accomplie.

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