Une pluie d’étoiles filantes à la demande, c’est possible!

Une société japonaise s’est lancée dans le projet original de créer artificiellement des pluies d’étoiles filantes depuis l’espace. En pénétrant dans l’atmosphère, les petites balles éjectées par des microsatellites illumineront le ciel et offriront un spectacle hors du commun à 100 km à la ronde.  

 

La genèse du projet
En 2011, la docteure astronomie de l’université de Tokyo Lena Okajima décide – après avoir observé une pluie d’étoiles filantes – de fonder Astro Live Experiences (ALE) dont la mission est de concourir à la recherche scientifique par le biais du divertissement. Quoi de mieux que de se lancer dans la création de feux d’artifice célestes! C’est ainsi que Sky Canvas est né. En 2016, forte de deux levées de fonds qui lui ont permis de collecter quelque sept millions de dollars, son projet est sur le point d’aboutir. En 2019, deux microsatellites (l’un envoyé par la fusée de l’Agence nippone d’exploration spatiale Jaxa, l’autre par le secteur privé) seront lancés en orbite pour une première pluie d’étoiles filantes prévue au printemps 2020 au-dessus de la ville d’Hiroshima qui présente des conditions favorables (météorologie clémente, géographie satisfaisante et attraits culturels indéniables). Si le pari est réussi, les pluies d’étoiles filantes pourraient intéresser d’importantes villes, des entreprises, des parcs d’attractions ou encore des particuliers relativement riches pour célébrer une victoire ou clôturer un évènement. Question coût, la société japonaise est assez discrète, mais semble vouloir s’aligner sur les tarifs proposés par ses concurrents indirects en pyrotechnie. Quant aux investissements, ils sont estimés à une vingtaine de millions de dollars et comprennent le développement, le lancement et le fonctionnement des deux satellites.

 

Un projet savamment préparé
Lena Okajima souhaite reproduire artificiellement le principe des étoiles filantes naturelles, à savoir ces petites particules de poussière qui, en pénétrant dans l’atmosphère terrestre à grande vitesse, brûlent et laissent un sillage de plasma au contact des molécules d’air. Pour ce faire, chacun des deux satellites en orbite – dont l’espérance de vie sera de deux ans – contient 400 petits cailloux métalliques à la composition secrète et de couleurs différentes qui pourront illuminer entre 20 et 30 évènements. Concrètement, ces petites balles vont parcourir près d’un tiers du tour de la Terre à 70 kilomètres de notre sol, ce qui rendra l’illumination visible dans un cercle de 200 kilomètres de diamètre, contrairement à 10 kilomètres pour les feux d’artifice qui sont lancés à 500 mètres de la surface de la Terre. Tout comme les étoiles filantes, leur durée de vie sera bien courte… juste le temps de formuler un vœu. Enfin, les divers dangers de ces pluies d’étoiles filantes semblent être écartés : d’une part, les projectiles seront désintégrés bien au-dessus de la surface terrestre (stratosphère) et, d’autre part, chaque lancement sera précédé de trois vérifications afin de s’assurer qu’il n’y aura pas de satellites artificiels à moins de 200 kilomètres.

 

Confiante en ce projet, Lena Okajima voit déjà plus loin et envisage à plus long terme d’une part de créer des étoiles filantes géantes à partir de satellites non opérationnels orbitant toujours au tour de la Terre et, d’autre part, de lancer trois constellations de six satellites pendant plus de deux ans qui pourront chacun envoyer 300 à 400 météorites artificielles.

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