Devenir pilote de ligne — Portrait de l’emploi

Voler dans les nuages, piloter un Boeing ou un Airbus : le métier de pilote de ligne fait rêver. Mais sur le terrain, ce poste exige d’endosser d’importantes responsabilités et de faire preuve d’une grande technicité. Comment devenir pilote de ligne ?  Quelles qualités faut-il avoir?

Pour en savoir plus, nous avons interrogé Maher El-Moussa, commandant de bord pour une grande compagnie aérienne canadienne. 

En quoi consiste votre métier?

Il consiste à conduire un avion et transporter des passagers de manière sécuritaire. Mais pas seulement. Mon travail commence bien avant le décollage. Je dois notamment préparer le plan de vol avec mon copilote en tenant compte des conditions météorologiques, préparer les instruments de navigation et entrer les données dans l’ordinateur de bord. Durant le vol, je suis en contact permanent avec les tours de contrôle. Dans mon cas, j’effectue des vols internationaux et locaux. 

Y a-t-il une formation requise?

Il existe au Canada trois façons de devenir pilote de ligne : suivre une formation dans une école de pilotage, à l’armée ou dans un aéro-club. Il faut accumuler brevets, licences et heures de vol, durant des années de préparation. Dans mon cas, j’ai fait une école de pilotage pendant deux ans et demi pour obtenir ma licence de pilote. Ensuite, j’ai suivi une formation pour avions multimoteurs, puis une formation de vol aux instruments d’environ 6 mois. Celle-ci permet aux pilotes de voler sans référence visuelle avec le sol ou l’eau. Enfin, j’ai reçu plusieurs formations délivrées par les compagnies aériennes qui m’ont embauché.

Quelles sont à votre avis, les principales qualités que l’on doit avoir pour l’exercer?

Être responsable et avoir toujours en tête la sécurité des passagers

Un pilote de ligne dispose de la vie d’êtres humains entre les mains. Il doit être discipliné et connaître parfaitement les mesures de sécurité à adopter afin d’éviter les risques. Dans n’importe quelle situation, il doit prendre la décision la plus conservatrice afin d’assurer la sécurité des passagers.

Avoir des aptitudes au leadership

Le pilote doit prendre des décisions rapidement et s’ajuster aux conditions météorologiques. En cas de problème (une panne de moteur, un cas de crise cardiaque), il est amené à se poser des questions (doit-on atterrir plus tôt que prévu? Rester sur la piste plus longtemps?) et y répondre rapidement pour que les mesures d’urgence appropriées soient enclenchées. Cela demande une grande confiance en soi et un bon jugement.

Être un bon communicateur

Le pilote doit savoir bien communiquer avec son équipage et ses passagers afin de conserver un environnement serein dans l’avion. Par exemple, en cas de retard, il expliquera la situation clairement pour ne pas générer de frustrations des passagers.

Être persévérant

Pour devenir pilote, il faut être prêt à faire beaucoup de sacrifices dans sa vie personnelle. La formation demande en effet beaucoup d’investissement, et le métier, surtout au début, nécessite parfois de déménager, notamment dans le Grand Nord où les possibilités d’emploi sont plus nombreuses. Dans mon cas, j’ai habité dans cette région durant 5 ans, loin de ma famille. C’était très difficile. À cela s’ajoutait la rudesse des conditions météorologiques. 

Être un bon gestionnaire de l’équipage

Le commandant doit communiquer de manière efficace avec les agents de bord et les pilotes. Il doit être poli et respectueux et leur permettre d’exprimer leurs opinions. Les décisions importantes se prennent en effet en groupe.

Quels sont les principaux obstacles auxquels on est confronté quand on fait ce métier?

La formation de pilote est en soi exigeante. Il faut être motivé pour la réussir, car le processus est long.  De plus, d’un point de vue financier, il faut être prêt à investir en moyenne 80 000 $.  Ensuite, une fois la licence obtenue, les grandes compagnes aériennes canadiennes embauchent rarement les jeunes pilotes avant qu’ils aient accumulé plus de 3000 heures de vol. En début de carrière, ceux-ci partent souvent dans le Grand Nord ou deviennent instructeurs afin de faire leurs heures.

Qu’est-ce qui vous vous passionne dans votre métier?

Les avions me fascinent depuis l’âge de trois ans! L’avion est une merveille d’ingénierie. C’est une invention fabuleuse qui, si on y pense, est récente puisqu’elle n’existe que depuis 110 ans. De plus, j’aime le contact avec les passagers. Il m’arrive souvent de discuter avec eux, de leur faire visiter ma cabine de copilotage. J’adore l’idée de les aider à rejoindre leur famille, d’assister à un mariage, de les amener en vacances, etc. Même si je ne leur parle pas, j’aime voir leurs visages s’illuminer lorsqu’ils retrouvent leurs proches. C’est très gratifiant. Lorsque des enfants visitent ma cabine de pilotage, ils sont émerveillés et je me dis que j’ai peut-être contribué à susciter une vocation!

Au contraire, qu’aimez-vous le moins?

Le décalage horaire. Certaines destinations vers l’Europe font perdre une nuit, ce qui pèse sur l’organisme. D’autres demandent de décoller très tard. C’est très éreintant. Enfin, je voyage chaque mois entre 16 et 20 jours. C’est difficile pour la vie de couple ou de famille. Sans compter que mes légumes ont le temps de moisir dans le frigo!

Devez-vous faire de la formation continue?

Oui. Chaque compagnie et chaque appareil demande une formation d’environ deux mois. Si l’on conserve le même type d’avion, il faut, tous les six mois, effectuer une formation de deux à trois jours en simulateur, suivie d’un examen avec un instructeur et d’un examen en ligne.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite devenir pilote de ligne?

Ne jamais abandonner et aller jusqu’au bout de son rêve! Ce métier est exigeant, mais si la passion est là, cela en vaut la peine!

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