Les satellites météorologiques ont le vent en poupe

Après MetOp-A et MetOp-B, lancés respectivement en 2006 et 2012, MetOP-C a effectué avec succès, ce 7 novembre 2018, un vol à bord de la fusée russe Soyouz depuis la station française de Kourou. À son bord se trouvent neuf instruments, dont l’IASI – petit bijou technologique – qui devra remplir une mission de long terme (évolution climatique) et de court terme (identifier et quantifier les espèces chimiques). 

 

 

MetOP-C : le dernier de la fratrie
Pour remettre en perspective le lancement de MetOP-C (à savoir Meteorological operational polar satellite), il s’intègre dans le cadre d’un programme sur la météorologie appliquée, élaboré par l’agence européenne Eumetsat, responsable des systèmes météorologiques par satellite en Europe. Ce troisième et dernier satellite orbite désormais autour de la Terre à plus de 811 kilomètres aux pôles et ses six passages quotidiens devant chaque point de la planète sont un préalable pour remplir la mission de l’interféromètre atmosphérique de sondage infrarouge (IASI), cet instrument de mesure optique avec calculateur de pointe, dont l’imageur radiométrique peut capter des images d’une résolution d’environ un kilomètre.

 

Quantifier les espèces chimiques
La mission à court terme d’IASI est d’identifier et de quantifier – la journée comme la nuit autant sur les mers que sur les terres – tout paramètre important ayant une influence sur le réchauffement climatique tel que les espèces chimiques et les gaz. C’est ainsi que cet instrument à la fine pointe de la technologie va mesurer l’humidité et la température de l’atmosphère, l’ammoniac, le dioxyde de soufre (provenant d’éruptions volcaniques) dont la fumée risque d’endommager les moteurs des avions, l’ozone (gaz très nocif situé en basse atmosphère), le gaz carbonique dont la concentration a augmenté de 5 % depuis dix ans, ou encore le méthane atmosphérique. À peine deux heures sont nécessaires pour que ces informations collectées soient analysées par un calculateur pour fournir des prévisions météorologiques davantage fiables et des alertes en cas d’anomalies (volcans, pollutions, etc.).

 

Étudier le changement climatique
Initialement développé pour une mission sur le long terme, l’IASI scanne le globe terrestre par colonne de 15 km de rayon sur une hauteur d’un kilomètre à raison de deux fois par jour afin d’obtenir le spectre de l’atmosphère à partir de la décomposition de ses rayons. Ces informations permettent de mieux appréhender l’origine, la circulation et l’évolution des différentes molécules. Grâce à cet instrument, il a été démontré que les gaz et les polluants évoluaient entre la troposphère (8 à 10 km) et la stratosphère (10 à 50 km), incitant donc la communauté scientifique à revoir ses modèles climatiques. Cette dernière, par ailleurs, s’appuie énormément sur les données d’IASI pour rédiger ses travaux scientifiques, estimés à plus de 400 depuis une dizaine d’années. Ces mêmes données sont cruciales aussi pour étudier et surveiller l’évolution du climat, à partir d’informations liées notamment à la couche d’ozone, aux poussières désertiques, aux gaz à effet de serre, aux nuages…

 

 

Forte de ce dernier lancement réussi dont les attentes sont importantes tant pour la précision des prévisions météorologiques que pour l’analyse du changement climatique, la communauté scientifique espère lancer dans la prochaine décennie sa dernière génération de satellites pour le climat. Metop-SGA et Metop-SGB devraient rejoindre leurs confrères respectivement en 2022 et 2029 pour un coût avoisinant 600 millions de dollars canadiens.

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